samedi 28 octobre 2017

Nos âmes plurielles

- Informations -

Auteur : Samantha Bailly
Editeur : Rageot
Genres : contemporain, amitié, art, écriture, adolescence
Date de parution : 2 novembre 2017
Prix : 13 € 90
304 pages 

- Quatrième de couverture - 

Sonia et Lou se sont rencontrées sur un forum autour de leur passion créative : l’écriture pour Sonia, le dessin pour Lou. Leur blog BD, Trames jumelles, a été remarqué par un éditeur qui les a encouragées dans leur vocation. Bac en poche, elles réalisent leur rêve : s’installer à Paris en coloc ! Mais leurs tempéraments sont radicalement opposés… Sonia adore sa nouvelle liberté et les fêtes étudiantes, tandis que Lou s’investit pleinement dans sa formation aux Gobelins. L’année s’annonce électrique  !

- Mon Avis -

Dernier tome d'une trilogie, j'attendais Nos âmes plurielles avec grande impatience et remercie beaucoup les éditions Rageot pour me l'avoir fait parvenir. Dévoré en une nuit, il n'a pas fait long feu ! Alors, verdict ?

A priori Nos âmes plurielles, et la trilogie Nos âmes en règle générale, a tout pour me plaire. Récit contemporain sur deux adolescentes qui se rencontrent via internet et qui essayent de devenir écrivain/auteur de bd ensemble, il y avait tout les ingrédients ! Si lors des deux premiers tomes ont découvrait Lou et Sonia en tant que lycéennes cette fois on change d'univers en les retrouvant étudiantes à Paris. La première fait sa rentrée aux Gobelins et la seconde va se bouffer de la philosophie pendant un certain temps à la Sorbonne. Une fois passé le sentiment négatif face à la Sorbonne (tensions entre facs, blague d'étudiant, t'as vu) je me suis plongée avec délectation dans ce roman où j'ai retrouvé mes premiers émois de jeune étudiante. Le sentiment de solitude les premiers jours, les devoirs à n'en plus finir, les recherches de stage, les élèves qui viennent de tous les milieux, etc. Tout est retranscrit justement et on se plait à voir comment nos deux héroïnes vivent cette première année pas toujours très joyeuse. Les deux filles vont devoir apprendre à jongler entre leur nouvelle liberté (collocation sans les parents) et leurs nouvelles responsabilités (non, boire une veille d'examen n'est pas la bonne solution). 

Leur nouveau statut leur apporte de nouvelles expériences et ce n'est pas toujours simple de continuer à travailler ses projets de bd quand on a une tonne de dossiers à rendre pour la fac. Pourtant les deux jeunes filles vont s'accrocher à leur rêve et se battre pour s'améliorer. Si du côté de Lou rien ne m'a dérangé, j'ai plus de mal encore une fois pour Sonia qui arrive (pour la deuxième fois consécutive) à pondre un roman d'une traite. Si l'écriture semble quelque chose de naturel chez elle, sa capacité à écrire une histoire sans le temps de la réflexion ou du doute me laisse perplexe. Mais ce n'est qu'un détail et j'ai aimé voir leur fibre créative être mise à l'épreuve. 

Du côté de l'évolution des personnages, on est dans le bon encore une fois. Si Lou reste toujours introvertie, elle change petit à petit et cherche sans cesse à s'améliorer. Cette année particulièrement difficile pour elle lui apporte beaucoup et on referme le livre avec le sentiment qu'elle va encore évoluer et finir par devenir une jeune femme épanouie. Du côté de Sonia, là c'est plus délicat. La jeune fille, après une dure expérience amoureuse, dit qu'elle n'éprouve plus le besoin de séduire, ça ne l'empêche pas pourtant de se chercher un petit copain dès les premiers jours à la fac. Paradoxe quand tu nous tiens. Pourtant elle aussi évolue. C'est moins visible qu'avec Lou mais on sent un changement chez la jeune fille à la fin du roman ce qui nous fait plaisir. 

Ce qui évolue aussi c'est la relation entre les deux amies. Si lorsqu'elles étaient au lycée elles s'entendaient à merveille de part l'éloignement, leur collocation ne va pas être simple. Et j'ai aimé les voir se crêper le chignon. Tout n'est pas rose au pays des artistes et ça fait du bien de les voir se confronter à la réalité. On peut adorer sa meilleure amie et avoir envie de l'étrangler de temps en temps, rien de plus normal !

En bref j'ai aimé retrouver Lou et Sonia pour une dernière fois, les voir évoluer, changer au fil des mois tout en apportant un oeil critique sur leur art. Récit mélancolique et drôle à la fois, Samantha Bailly nous fait ressentir plein d'émotions tout au long de notre lecture pour notre plus grand plaisir. J'ai adoré dévorer ce dernier tome et j'étais triste à la fin de savoir que je ne reverrais ni les filles, ni Matthieu (celui-là je l'aime d'un amour passionnel ! Donnez-le moi que je le câline jusqu'à l'étouffer !) ni mêmes les familles de ces demoiselles auxquels on s'attache forcément un peu. C'est la fin du voyage. Une fin ouverte qui nous laisse rêveur et enchantés ! On se reprendrait bien un ticket pour recommencer !


- Notation -


samedi 21 octobre 2017

Le journal d'Anne Frank

- Informations -

Auteurs : Anne Frank, Ari Folman & David Polonsky
Editeur : Calmann Levy
Genres : journal, guerre, témoignage, adolescence, adaptation, seconde guerre mondiale 
Date de parution : 4 octobre 2017
Prix : 16 €
162 pages 

- Quatrième de couverture - 

Ari Folman et David Polonsky,
scénariste et illustrateur de Valse avec Bachir,
ont réalisé cette adaptation en roman graphique
du Journal d’Anne Frank.

Anne Frank est née le 12 juin 1929
à Francfort. Sa famille a émigré
aux Pays-Bas en 1933. À Amsterdam,
elle connaît une enfance heureuse
jusqu’en 1942, malgré la guerre.
Le 6 juillet 1942, les Frank s’installent
clandestinement dans « l’Annexe »
de l’immeuble du 263, Prinsengracht,
où Anne écrit son journal.
Le 4 août 1944, la famille est arrêtée
vraisemblablement sur dénonciation.
Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen,
Anne meurt du typhus en février ou mars 1945,
peu après sa soeur Margot.

- Mon Avis -

Je suis très attachée au Journal d'Anne Frank, je l'ai découvert quand j'avais dix ans et même si à l'époque je n'avais pas tout saisi il m'avait marqué. Encore aujourd'hui, même si mon exemplaire est très abîmé, il m'arrive d'en relire certains passages avec nostalgie. J'ai grandis avec la figure de Anne et lorsque j'ai eu l'occasion de visiter l'Annexe (immeuble où elle et sa famille étaient cachées) j'ai ressenti une drôle d'impression. Pas de meubles ou d'objets, juste des pièces vides et quelques photos. J'avais l'impression qu'il manquait quelque chose et encore aujourd'hui ce sentiment est en moi. 

Repérée sur instagram cette bande-dessinée m'a tout de suite attirée. Je ne connaissais de vue que sa publication allemande, aussi quand je suis tombée dessus par hasard en librairie (et donc en français) je me suis jetée dessus sans réfléchir. Et donc cette adaptation, qu'en dire ? 

Déjà, elle est fidèle. Les auteurs ont certes fait des coupures dans le journal, ils ne pouvaient pas tout mettre mais ils ont fait des choix intéressants. On a la vie quotidienne des habitants de l'Annexe et de nombreuses réflexions d'Anne à la fois sur son rapport aux adultes et sur sa vision du monde et de la vie. Graphiquement parlant c'est aussi intéressant car si il s'agit bien d'une bd, les auteurs ont fait le choix de mettre tel quel certains extraits et de les illustrer de manière discrète. On a donc, par exemple, un passage où il est question d'une querelle entre adultes avec des chimères caricaturant les protagonistes entourant le bloc de texte.

Ensuite, les dessins me plaisent beaucoup. Colorés dans des tons adoucis, pâles, ils sont caricaturaux sans partir dans l'excès. On reconnait parfaitement les personnages et on s'amuse de leurs expressions. La représentation d'Anne me plait tout particulièrement. Elle a un regard très direct, rieur, malicieux et intelligent. Il sort de son apparence quelque chose de très vivant qui donne un souffle au dessin que j'ai beaucoup apprécié. 


Mais ce qui m'a le plus plu dans cette adaptation c'est de voir une Anne adolescente, en proie à des tourments et à une colère qui ressort de temps à autre au grand jour. Anne grogne, jure, crie, Anne est pleine de vie et n'est pas forcément parfaite. Ses défauts et son orgueil sont clairement visibles ici, pourtant elle est attachante, drôle, spirituelle et on ne peut que l'apprécier dès le début de la lecture. On est loin de la représentation de petite fille parfaite qui a tendance à revenir lorsqu'on parle d'Anne. Cette héroïne là est plus réelle, plus abordable et ça nous plaît.

J'ai également aimé le rapport d'Anne à l'écriture. On la voit écrire, réfléchir à ses écrits. Et les extraits choisis montrent tout le talent qu'Anne avait avec les mots. Plus qu'un journal, on nous présente ici les véritables prouesses littéraires d'une jeune écrivain en devenir. Ce qui nous fait encore plus regretter sa disparition. Il est certain qu'Anne aurait été une grande écrivain. Sa prose nous berce tout en nous faisant réfléchir, du pur génie. 

Proche du coup de coeur, j'ai beaucoup aimé cette adaptation et ne peut que vous la recommander. Elle plaira à tous ceux qui ont déjà pris connaissance du Journal et permettra aux nouveaux lecteurs d'Anne de la découvrir sous un jour nouveau, plus drôle, plus vivante et plus espiègle que jamais. 

- Notation -

- Bonus - 

Le Journal d'Anne Frank a déjà été adapté en dessin animé. Si le coeur vous en dit, jetez donc un coup d'oeil à cette vidéo où j'affronte les deux adaptations pour votre plus grand plaisir !

mardi 17 octobre 2017

La Maîtresse de guerre

- Informations - 

Auteur : Gabriel Katz
Editeur : Scrineo
Genres : fantasy, young adult, aventure
Date de parution : 16 janvier 2014
Prix : 16 € 90
446 pages

- Quatrième de couverture -

Fille de maître d'armes, Kaelyn rêve de reprendre le flambeau paternel, tandis que les autres rêvent d'un beau mariage. Elle a le talent, l'instinct, la volonté. Mais cela ne suffit pas : c'est un monde dur, un monde d'hommes, où la place d'une femme est auprès de son mari, de ses enfants, de ses casseroles. 
Il va falloir lutter.
Alors elle s'engage dans la grande armée qui recrute des volontaires pour aller se battre au bout du monde. Dans la violence de la guerre, elle veut acquérir seule ce que personne n'a voulu lui enseigner. 
Mais le grand sud, plongé dans le chaos de l'invasion va bouleverser son destin bien au-delà de ses attentes...

- Mon Avis -

Encore une fois je me réveille après tout le monde et je prends le train avec un temps de retard assez considérable. Mais bon, mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas ? Me voilà donc en phase avec La Maîtresse de guerre que j'ai finalement découvert. 

Et qu'en dire ? Déjà le résumé nous entourloupe. Moi qui pensait découvrir une Kaelyn en proie à une crise existentielle, pleine de rage et de volonté face au dictât des hommes je découvre une jeune femme choyée par un groupe d'hommes et qui fond en larmes devant l'ennemi. Comme femme forte on fait mieux. Voilà notre pauvre Kaelyn qui devient esclave dans un pays en guerre et qui va, par le hasard, avoir la possibilité de montrer son habileté avec les armes. 

On n'a pas ici l’ascension d'une femme badass mais plutôt la route hasardeuse d'une héroïne qui use de sa chance quand l'occasion se présente. Devenue élève d'un maître de guerre, elle se laisse guider par lui tout en refusant catégoriquement d'apprendre ses leçons. Quand le maître de guerre lui inflige une leçon de vie, qu'il est donc important de retenir, mademoiselle se rebiffe et ne voit que ce qui l'arrange. Ce qui n'est pas forcément une bonne idée quand ta vie est un poil en danger (pays en guerre, espions partout, complots, tout ça). Cependant on s'attache vite à Kaelyn et à son caractère car elle reste émouvante et très débrouillarde. Son histoire d'amour d'abord juste physique puis plus émotionnelle et très touchante et on se retrouve, comme elle, à espérer, craindre et espérer encore. 

Encore une fois l'auteur nous présente de nombreux personnages, pas toujours originaux (femme jalouse, homme politique couard, vieux mystérieux et savant) mais très intéressants à suivre. Les différentes intrigues proposées durant l'histoire nous permettent de suivre les différents camps armés et nous plonge dans l'attente. Chapitres courts, rythme rapide et suspens sont les maîtres mots de Gabriel Katz. 

Si d'une part l'histoire est un peu attendue, il y a d'autre part une richesse fantastique très appréciable. L'univers inventé par l'auteur est riche. On a ça et là des noms, des indices, des lieux imaginés qui laissent sous entendre la profondeur de l'univers et ça permet une approche beaucoup plus approfondie à la lecture. 

Pour conclure je dirais que c'était une bonne lecture, certes on peut deviner le dénouement quand on est un peu attentif mais c'est une fin plaisante et j'ai aimé découvrir cette aventure aux côtés de Kaelyn. Je me réjouis d'avance de terminer tous les romans commencés de cet auteur pour pouvoir me plonger dans son dernier roman où l'on retrouve tous nos héros préférés. Une aventure à suivre donc ! 

- Notation -

The Crime

- Informations - 

Auteur : Marie Rutkoski
Editeur : Lumen
Genres : fantasy, young adult, romance
Date de parution : 21 septembre 2017
Prix : 15 €
540 pages 

- Quatrième de couverture -

Gagner peut être la pire des malédictions...
Fille du général le plus titré de l'Empire, Kestrel a eu la faiblesse, alors qu'elle réprouve l'esclavage, d'acheter dans une vente aux enchères un jeune homme du nom d'Arin. Pire encore, elle a eu la bêtise de lui permettre de devenir son ami... et de laisser la ville entière s'en émouvoir. Elle n'a compris qu'au dernier moment son erreur, en découvrant l'impensable : espion aux ordres de son peuple oppressé, les Herranis, le jeune homme était là depuis le début pour la trahir, pour renverser le pouvoir. 

À présent, tout a changé. Kestrel a été contrainte de lutter pour sa survie. Elle a vu ses amis tomber autour d'elle et a dû supporter la douleur de la trahison d'Arin – elle dont l'éducation entière lui souffle de tout faire pour se venger. Mais, quand il a fallu choisir son camp, elle a préféré, à son tour, l'impensable : sacrifier son bonheur pour celui des Herranis, céder à un terrible chantage qui la force à tourner le dos à Arin une bonne fois pour toutes. Elle est désormais la fiancée du fils de l'Empereur. S'ouvre, à la cour, un terrible jeu d'échec où Kestrel doit mentir à tout le monde, depuis le monarque – un homme sans pitié qui se délecte de la souffrance d'autrui – jusqu'à Arin lui-même, en passant par la masse des courtisans qui n'espèrent que sa chute. 

Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l'imagination d'une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple !

- Mon Avis - 


Tout d'abord je tiens à remercier les éditions Lumen pour m'avoir envoyé ce deuxième volet de la trilogie. J'avais adoré le premier tome et il me tardait de découvrir la suite de cette histoire haletante !

Que dire de cette suite ? En quelques mots : c'est un deuxième tome et ça se sent. L'histoire n'avance pas beaucoup, beaucoup de longueurs, un mystère qui occupe la plupart de l'intrigue mais qui n'est pas bien amené et qui semble secondaire, une héroïne qui n'évolue pas, bref ce n'est pas la grande suite que j'attendais. 

Cependant, si mauvais points il y a on a également de bonnes surprises. 

Concernant le personnage d'Arin déjà (mon petit coup de coeur de cette trilogie) il y a une véritable évolution du personnage. Arin n'est plus esclave, le voilà de nouveau un homme libre avec en plus les responsabilités de gouverneur. Il quitte donc un rôle dangereux pour endosser un autre rôle tout aussi dangereux puisque cette fois il est directement en contact avec l'empereur, personnage antipathique au possible et très caractériel.  Arin a des désirs, des rêves concernant son peuple mais surtout concernant Kestrel et il a du mal a rester sage. Sa passion pour la jeune fille le pousse à commettre des erreurs et il risque sa vie à chaque instant. Mais il ne garde pas toujours ce rôle d'amoureux transi, il a un peuple à sauver et fera tous les sacrifices pour cela. Ce qui nous permettra de rencontrer plusieurs nouveaux personnages mais surtout un nouveau pays imaginé par l'auteur avec sa richesse culturelle et son histoire, ce qui m'a beaucoup plu. 

Concernant la romance entre les deux personnages principaux elle est cette fois plus aboutie. Si à la fin du premier tome je me posais des questions sur les sentiments réels de Kestrel (amour, penchant pour l'interdit ?) j'ai cette fois vraiment eu l'impression de voir une jeune fille folle amoureuse et dépendante de ses sentiments. Là aussi Kestrel va commettre des erreurs par amour. Mais là où Arin se surpasse grâce à ses sentiments, Kestrel elle semble ne rien retenir de son parcours. Du coup quand vient l'élément décisif à la fin de ce second tome, le lecteur un peu attentif n'est pas tant que cela étonné. 

Un nouveau décor est amené dans ce deuxième tome : la cour de Val (capitale du pays de Kestrel) et là encore j'ai été un poil déçue. Décrite durant tout le roman comme une cour où les complots, les secrets et les vengeances sont monnaie courante, j'ai plus eu l'impression que cette cour était vide qu'autre chose. Kestrel ne parle à personne, ne sort pratiquement jamais de ses appartements et n'a donc pas de contact direct avec les nobles qu'on aperçoit de loin dans certaines scènes. Pour la tension dramatique on repassera. Il est plus question d'un "jeu" entre elle et l'empereur. Je place les guillemets parce qu'encore une fois Kestrel fait une piètre stratège face à son souverain. 

En bref je ressors mitigée de cette lecture. Si j'ai aimé retrouver les personnages et le style de l'auteur j'ai été désappointée par certaines choses qui me donnent envie de coller un gros "Dommage ça aurait pu être mieux" sur le livre. Mais je ne regrette pas ma lecture, elle n'est pas totalement négative et amène des points scénaristiques très intéressants qu'on a hâte de retrouver dans le dernier tome de la trilogie. La fin promet d'être grandiose et j'ai déjà hâte de me plonger dedans ! 

- Notation -

samedi 14 octobre 2017

Mon frère est un super héros

- Informations - 

Auteur : David Solomons 
Editeur : Folio Junior
Genres : humour, jeunesse, fantastique, aventure
Date de parution : 31 août 2017
Prix : 7 € 30
352 pages 

- Quatrième de couverture - 

Je ne le crois pas ! Mon frère, Zack, le bosseur, le dingue de devoirs de maths, celui qui n'a jamais lu une BD de sa vie, est devenu un super-héros. Pendant qu'il s'amusait à faire des équations dans notre cabane, Zorbon le Décideur a surgi de son vaisseau spatial transdimensionnel : il lui a conféré des pouvoirs géniaux et une mission vitale pour l'humanité. Mon frère a été choisi pour vivre mon rêve !


- Mon Avis -

Très clairement c'est le dessin de la couverture qui m'a plu et m'a donné envie de me plonger dans cette histoire. Roman jeunesse je n'avais jamais entendu parlé de cet auteur, ni de cette série mais le résumé déjà drôle m'a suffit pour me donner envie d'en savoir plus.

Racontée à la première personne, l'histoire est comique et pleine de rebondissements. Le héros, jaloux de son frère, essaye de l'aider à maîtriser ses pouvoirs tout en gardant un point de vue cynique sur ce qui leur arrive. Entre l'envie d'aider son frère et l'envie d'avoir aussi des pouvoirs, le choix n'est pas toujours simple. Alors quand la question de l'identité du nouvel héros en ville arrive sur le tapis, notre héros est bien embêté. 

Bien sûr, l'histoire est assez convenue. On a déjà vu ce genre de héros un peu looseur à qui il arrive quelque chose de surnaturel. On connaît déjà les personnages secondaires : la fille intelligente, l'ami un peu balourd, le méchant caricatural, etc. Mais ici tout fonctionne et fait rire le lecteur alors on n'en demande pas plus. Le livre nous propose un menu dont il coche toutes les cases pour notre plus grand bonheur. 

Amusant sans être novateur, Mon frère est un super héros est une lecture agréable qui plaira aux jeunes lecteurs avides de sensations fortes et d'aventure. 

- Notation - 


Point Cardinal

- Informations -

Auteur : Léonor de Récondo
Editeur : Sabine Wespieser
Genres : drame, lgbt, roman contemporain
Date de parution : 24 août 2017
Prix : 20 €
232 pages

- Quatrième de couverture - 

Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille méticuleusement, tristement. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, volait quelques instants de joie et dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable. Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture et dissimulé dans le coffre la mallette contenant ses habits de fête. Il s’apprête à retrouver femme et enfants pour le dîner. Petit garçon, Laurent passait des heures enfermé dans la penderie de sa mère, détestait l’atmosphère virile et la puanteur des vestiaires après les matchs de foot. Puis il a grandi, a rencontré Solange au lycée, il y a vingt ans déjà. Leur complicité a été immédiate, ils se sont mariés, Thomas et Claire sont nés, ils se sont endettés pour acheter leur maison. Solange prenait les initiatives, Laurent les accueillait avec sérénité. Jusqu’à ce que surviennent d’insupportables douleurs, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus réfréner ses envies incontrôlables de toucher de la soie, et que la femme en lui se manifeste impérieusement. De tout cela, il n’a rien dit à Solange. Sa vie va basculer quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois chez eux. À son retour, Solange trouve un cheveu blond… Léonor de Récondo va alors suivre ses personnages sur le chemin d’une transformation radicale. Car la découverte de Solange conforte Laurent dans sa certitude : il lui faut laisser exister la femme qu’il a toujours été. Et convaincre son entourage de l’accepter. La détermination de Laurent, le désarroi de Solange, les réactions contrastées des enfants – Claire a treize ans, Thomas seize –, l’incrédulité des collègues de travail : l’écrivain accompagne au plus près de leurs émotions ceux dont la vie est bouleversée. Avec des phrases limpides, des mots simples et d’une poignante justesse, elle trace le difficile chemin d’un être dont toute l’énergie est tendue vers la lumière. Par-delà le sujet singulier du changement de sexe, Léonor de Récondo écrit un grand roman sur le courage d’être soi.

- Mon Avis -


Seul roman de la Rentrée Littéraire que j'ai parcouru, Point Cardinal m'intéressait pour son thème que je n'avais jamais vu auparavant dans un livre. Un héros travesti m'intéressait donc et j'étais curieuse de voir comment l'auteur allait traiter cette histoire si particulière. 

Et sur le plan psychologique je n'ai pas été déçue. Passant d'un personnage à un autre, on plonge dans différentes consciences allant de Laurent qui souffre de ne pas pouvoir être lui-même auprès de ses proches, à Solange sa femme qui refuse de voir son mari lui échapper de la sorte en passant par les collègues de bureau du héros. Bien évidemment, lorsque la vérité éclate et que Laurent commence à s'assumer en femme, tout n'est pas rose. D'abord incrédule son entourage repousse violemment son choix de vie et le lecteur est ainsi exposé à différents discours plus ou moins intolérants pouvant même être très violents. Pourtant le personnage de Laurent, longtemps hésitant, ne demeure pas moins sûr de lui une fois son choix assumé et sa transformation totale en femme (il est question de l'opération chirurgicale) semble inévitable. Ce qui est une bonne chose pour le héros et le lecteur mais qui n'est toujours pas accepté par certains proches malgré de nombreux dialogues et les explications du personnage principal.

Le traitement du travestisme est abordé de manière assez directe. Pas de demi mesure. Pas de secrets pour le lecteur. La première scène est assez révélatrice et plonge in medias res dans l'action. Si certains peuvent penser que le thème est tout de même traité de manière simple, j'entends par la presque trop facilement (dans les réactions des personnages ou dans son dénouement) je ne suis pas tout à fait d'accord. On sent qu'il y a une véritable souffrance chez Laurent et la fin n'est pas aussi idyllique que peuvent le présager certains lecteurs. Apportant même de nouveaux problèmes futurs pour le héros.  En gros ce n'est pas un conte de fées. Bien évidemment des personnes directement concernées par ce thème abordé pourraient trouver à redire mais je donne mon avis depuis mon point de vue de novice. 

Concernant le style de l'auteur, c'est un style assez cru, direct, bien que je n'ai pas trouvé qu'il soit particulièrement dur à la lecture. Agréable et très mélancolique, le roman se lit rapidement et aborde un thème très actuel qu'on oublie trop souvent. Une bonne lecture qui fait réfléchir. 

- Notation - 

mardi 3 octobre 2017

En attendant Bojangles

- Informations -

Auteur : Olivier Bourdeaut
Editeur : Folio
Genres : roman contemporain, famille, drame
Date de parution : 4 mai 2017
Prix : 6 € 60
176 pages

- Quatrième de couverture - 

Devant leur petit garçon, ils dansent sur "Mr. Bojangles" de Nina Simone. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir et la fantaisie. Celle qui mène le bal, c'est la mère, feu follet imprévisible. Elle les entraîne dans un tourbillon de poésie pour que la fête continue, coûte que coûte. L'amour fou n'a jamais si bien porté son nom.

- Mon  Avis -


Véritable phénomène sur Instagram, j'avais plus qu'entendu parler d'En attendant Bojangles ! On peut dire qu'il m'avait sauté aux yeux ! Et comme la curiosité a fini par frapper à ma porte, je n'avais qu'une envie : le lire le plus vite possible. Aussi durant ces vacances d'été, lorsque je suis tombée dessus en librairie, je n'ai pas hésité une seconde et je me suis jetée dessus. 

Petit roman, je me suis vite prise au jeu de cette histoire fantasque, ce petit garçon qui admire ses parents et la vie bohème qu'ils mènent. Le style est doux, poétique, on se laisse bercer par l'écriture fluide qui donne envie de tourner les pages. Les personnages sont drôles, hauts en couleurs, fantaisistes. Avec eux tout n'est qu'amour, fête, musique, folie douce. On quitte le quotidien morne, le monde réel pour ne profiter que de la douceur de vivre, de l'amusement de situations coquasses. Ici pas d'adultes et d'enfants. Le jeune héros est pris dans la danse par ses parents et leurs amis et vit dans un monde de grandes personnes où le jeu est roi.   

Ce qui m'a particulièrement plu également c'est que ce livre n'est qu'amour. L'amour du petit garçon pour ses parents. L'amour des parents pour leur enfant. L'amour que se portent les parents l'un à l'autre. Tendresse, protection, chaleur, tout est dessiné pour former un cocon parfait, à l'abri du reste du monde où les promesses sont toujours tenues. Véritable ode au bonheur familial, ce livre est une berceuse tendre à entendre.

Vrai coup de coeur, je ne peux que vous conseiller En attendant Bojangles pour la beauté du style et de son histoire. Folie douce et amour profond y vous attende. Un voyage qu'on ne refuse pas d'entreprendre. 

- Notation -